Salariat ou indépendant : ce que révèle l’étude 2025 sur les pratiques réelles
02 Février 2026
Dans beaucoup d’entreprises, la question n’est plus « CDI ou freelance », mais plutôt : comment bien combiner les deux selon les besoins. Renfort ponctuel, expertise rare, pics d’activité… sur le terrain, les formats se diversifient.
Une coexistence des statuts de plus en plus fréquente
C’est exactement ce que met en lumière l’étude Dynamiques des modalités d’exercice professionnel dans la Branche, publiée par l’Adesatt et réalisée par The Boson Project (mars–novembre 2025), à partir d’enquêtes auprès d’entreprises, d’actifs et d’experts. Elle ne dit pas que “tout bascule”, mais elle confirme une tendance nette : la coexistence des statuts devient plus fréquente, et elle pose des questions très concrètes pour les TPE/PME.
Premier signal fort : le recours à des ressources externes est désormais largement installé. Selon l’étude, 63% des entreprises déclarent faire appel à des prestataires externes, régulièrement ou ponctuellement, et 46% font appel à des travailleurs indépendants (via réseau ou plateformes).
Derrière ces chiffres, on retrouve deux besoins très classiques côté entreprises : compléter des compétences difficiles à sécuriser en interne, et absorber des variations d’activité (pics de charge, renforts projets, remplacements). Ce n’est pas une “mode”, c’est souvent une réponse pragmatique à des contraintes de production.
Côté actifs, le CDI reste dominant et continue de rassurer, notamment sur la sécurité et la stabilité. Mais l’étude montre aussi que l’idée de l’indépendance progresse dans les têtes. 65% des salariés se disent tentés par l’idée de devenir un jour indépendants, et plus d’un quart déclarent déjà cumuler leur emploi principal avec une autre activité (indépendance, portage, etc.). Autrement dit, il ne s’agit pas forcément d’un rejet du CDI : beaucoup cherchent plutôt des marges de manœuvre, plus d’autonomie, ou une organisation du travail plus flexible.
Pourquoi cette évolution s’accélère ?
L’étude cite plusieurs facteurs qui se renforcent entre eux. Le télétravail et le management par objectifs rendent plus « compatible » le travail à distance et la collaboration ponctuelle. Le contexte économique, souvent décrit comme une « permacrise », encourage aussi les entreprises à gagner en agilité. Enfin, la structure même de la branche pèse : avec 95% d’entreprises de moins de 50 salariés (et 80% de moins de 11), la sensibilité aux aléas clients et aux variations de charge est mécaniquement plus forte, ce qui rend les solutions « à géométrie variable » plus attractives.
Mais l’étude rappelle aussi un point de vigilance important : sécuriser la relation de travail.
Le sujet juridique de la requalification existe et ne doit pas être pris à la légère : 31% des entreprises déclarent avoir déjà rencontré un cas où un indépendant a été requalifié en CDI.
Et au-delà du droit, plusieurs angles morts reviennent régulièrement : dépendance à une expertise externe, continuité des savoirs, cohésion entre équipes salariées et prestataires, ou encore propriété intellectuelle.
Au fond, la question n’est pas « pour ou contre » tel statut.
La vraie question pour une TPE/PME, est de clarifier ce qu’elle garde en interne, ce qu’elle externalise, et comment elle encadre la collaboration pour que ça reste fluide, sécurisé et efficace.
Parce qu’aujourd’hui, ce qui change le plus, ce n’est pas l’existence du CDI : c’est la manière dont les entreprises s’organisent autour de lui.