RSE - Interview de Gilles-Laurent Rayssac
Rencontre avec Gilles-Laurent Rayssac, dirigeant de Res publica – cabinet de conseil en concertation et dialogue collaboratif
Qu’est-ce qui vous a poussé à vous lancer dans une démarche RSE ?
C’est notre équipe qui en a manifesté la volonté. Au début, nous nous sommes lancés de façon un peu désordonnée. Puis nous avons souhaité organiser nos actions. C’est ainsi que nous avons amorcé une démarche pour obtenir la qualité de « société à mission ». Celle-ci nous a permis de formaliser le socle des valeurs de Res publica ainsi que sa raison d’être et ses engagements statutaires. Puis, nous avons postulé pour faire partie de l’expérimentation du référentiel « Engagé RSE », portée par la Fédération Cinov. Elle nous permet de fixer un socle de pratiques qui entraînent l’ensemble de l’équipe, sur le long terme, dans un processus d’amélioration continue. Puisque nous organisons des dialogues qui portent sur des questions politiques et stratégiques, environnementales et sociales, il me paraît essentiel que nous ayons une position claire et affirmée dans la société.
Concrètement, comment vous êtes-vous engagé cette démarche ?
Nous avons constitué une équipe de trois à quatre personnes, qui fait le point tous les mois avec l’ensemble des salariés. Cette équipe s’élargit peu à peu, au fur et à mesure que nous avançons dans le processus. En « bons élèves », nous avons suivi très scrupuleusement la progression proposée par l’expérimentation de la Fédération Cinov, en nous appuyant sur l’expertise d’une consultante. En réalité, nous avons continué le travail initié dans le cadre de la « société à mission », qu’il s’agisse des conditions de travail, de notre politique d’achat ou encore de nos déplacements, entre autres. Nous avons déjà obtenu des résultats. Depuis plusieurs années, nous privilégions par exemple du matériel informatique et des téléphones reconditionnés. Nous allons par ailleurs dresser notre cinquième bilan carbone, en veillant à contenir le niveau de nos émissions de gaz à effet de serre par salarié. En France, nous ne prenons pas l’avion et nous louons des voitures électriques. Ce ne sont pas des efforts compliqués, mais il faut y penser.
Qu’est-ce qui vous semble compliqué ?
Ce qui est compliqué dans la démarche RSE, c’est l’amorce de la démarche qui nécessite de collecter les preuves de tout ce que nous faisons pour les montrer à l’auditeur de l’Afnor. Cet investissement de départ a un petit côté bureaucratique… qui est incontournable. Cela nous oblige à nous organiser de façon différente, plus structurée et plus systématique. À ce titre, l’accompagnement par la Fédération Cinov est précieux. Il nous a permis d’aller plus vite, grâce à la consultante qui nous accompagne et met à notre disposition des outils utiles. La prise en charge d’une grande partie de ses honoraires est pour nous un plus appréciable. Enfin, les journées de partages d’expériences qui se tiennent au siège de la fédération permettent de confronter les idées et les actions, et contribuent à enrichir nos pratiques.
Où en êtes-vous ?
En avançant à un bon rythme, mais sans précipitation, nous nous approchons de la fin, avec un audit de l’Afnor prévu pour début 2026. D’ici là, nous allons finaliser un plan d’actions qui va présenter la stratégie d’avenir de Res publica : une stratégie qui sera RSE compatible. Même si nous étions déjà engagés de façon intuitive, il nous faut maintenant agir sciemment sur l’ensemble des activités de l’entreprise qui ont un impact sur la société. L’idée est d’avoir une stratégie cohérente qui, à terme, donne de la force à l’entreprise. Ce qui est formidable, c’est que cette démarche motive l’équipe et constitue un élément fort d’attractivité pour l’entreprise.
« L’expérimentation du référentiel "Engagé RSE" nous permet de fixer un socle de pratiques qui entraînent l’ensemble de l’équipe, sur le long terme, dans un processus d’amélioration continue. »
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