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Data & IA

IA & data - Interview d'Aurélie Pichot

A Pichot
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Sypaa

Rencontre avec Aurélie Pichot, dirigeante d’EILAD – bureau d’études en assistance à maîtrise d’ouvrage
 

À quel moment avez-vous commencé à penser que l’IA pouvait être une opportunité pour vous ?

J’ai d’abord observé l’IA comme une curiosité, avec l’envie de comprendre de quoi il s’agissait, comment cela fonctionnait et quelles pouvaient en être ses utilisations dans notre métier. En octobre 2023, j’ai participé à une réunion d’information organisée par la Chambre de commerce et d’industrie, à Brest. J’ai réalisé avec cette première séance que c’était un outil qui pourrait m’aider à élaborer mes textes de présentation pour répondre à des appels d’offre et améliorer ma communication sur Internet. On nous avait aussi présenter des outils pour générer des images, mais cela ne m’intéresse pas. En septembre 2024, j’ai participé à des webinaires de la Fédération Cinov, davantage orientés vers l’utilisation de l’IA pour accéder aux marchés publics, permettant de rendre nos réponses plus pertinentes.

Concrètement, comment avez-vous appliqué ces conseils ?

J’ai commencé à rédiger des documents plus élaborés, en ajoutant des emojis, en reformulant mes phrases… L’atout pour moi porte surtout sur la rédaction, afin de développer mes argumentaires dans le cadre d’appels d’offre ; ou afin d’exprimer des réponses qui nécessitent plus de tact dans leur formulation. En général, je fais une première rédaction que je soumets à l’IA. Je travaille mon prompt comme si je m’adressais verbalement à une personne, en expliquant mes attentes. Le plus souvent, les retours sont intéressants : l’IA me propose des mots-clés auxquels je n’avais pas pensé. Je ne prends pas en compte tout le texte, d’un seul bloc, sans distinction. Mais j’utilise des éléments pour améliorer mon texte d’origine.

À quelle fréquence avez-vous désormais recours à l’IA ?

Je ne l’utilise pas au quotidien, loin de là. Mon premier réflexe reste les moteurs de recherche classiques. Je dirais que nous ne sommes pas des utilisateurs experts de l’IA. Cependant, nous nous y intéressons, avec beaucoup de prudence. Je l’utilise de façon ponctuelle, car j’ai la crainte de trop en donner à l’IA, de la nourrir de mon propre travail et qu’elle alimente la concurrence. À force de lui soumettre nos méthodologies en lui demandant simplement de les reformuler, nous risquons de nourrir l’IA de notre savoir-faire, à nos dépens. La prudence dont je fais preuve aujourd’hui est peut-être celle qu’on pouvait avoir aux débuts de l’utilisation d’Internet. L’avenir me contredira peut-être… mais c’est en tout cas la vision que nous avons au sein d’EILAD.
 

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AURELIE_PICHOT

 

« Je l’utilise de façon ponctuelle, car j’ai la crainte de trop en donner à l’IA, de la nourrir de mon propre travail et qu’elle alimente la concurrence. »
 

 

 

 

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