Soyez STIC : le futur sera smart & green!

La contribution intelligente du numérique à la transition énergétique, cela vous parle ? La conférence environnementale du 14 et 15 septembre promet d’« ouvrir un dialogue environnemental de même qualité que le dialogue social » qui permette « à la France d'engager sa mutation vers un nouveau modèle de développement durable », notamment avec l’objectif d’organiser un « grand débat national sur la transition énergétique ».

La transition énergétique est une question complexe et sensiblement multi-scalaire, c'est-à-dire qu'elle dépend d'échelles multiples, liées à un contexte historique, géographique, politique et économique différent et pluri-territorial qui rend les pratiques différentes avec des convergences et des vraies divergences sur les modalités de sortie des énergies fossiles par exemple. 

Les enjeux vont bien au-delà de la « simple » question écologique et conditionnent des choix politiques et des prises de position au niveau international.

Les initiatives en matière d’efficacité énergétique nécessitent la participation d’un grand nombre d’acteurs, notamment d’organismes de financement, de promoteurs, d’utilisateurs et d’autres parties prenantes. Les modèles de gouvernance pour la planification et la coordination des ces initiatives doivent encore souvent se structurer. 

Ce qui se dessine est l’idée d’une « ville durable », d’un « habitat durable », au sens de la « soutenabilité territoriale » au cœur de la justice environnementale et intergénérationnelle ; c’est l’idée du « post-carbone » dans une économie substantiellement sobre qui va arrêter de faire peser ses externalités au plus démunis.

Mais comment rendre cette utopie une réalité souhaitable ?

Comment mettre les STIC à contribution ?

Les générations futures ne sauraient apprécier les avancées technologiques à l'aune de nos engagements actuels si ces derniers ne prennent pas forme de manière consistante au travers d’investissements aptes à rendre le futur souhaitable et soutenable.

L’alternance politique dans notre pays ne doit pas faire oublier des engagements pris, notamment le «  Programme d’action pour l’efficacité énergétique » de décembre 2011, qui faisait de la contribution des technologies numériques un des axes principaux : 

  • Améliorer la compétitivité des entreprises (soutenir les travaux d’économies d’énergie dans les entreprises, soutenir une offre de services et technologies propres à l’efficacité énergétique, soutenir les changements de comportements et développer de nouveaux modèles de contrat et de financement)

  • Réduire les consommations et les factures énergétiques des ménages, avec une attention particulière aux ménages précaires (accélérer la rénovation thermique de l’habitat, soutenir l’utilisation d’équipements plus performants et renforcer l’information et la sensibilisation des citoyens) 

  • Renforcer le rôle moteur et exemplaire des pouvoirs publics (accélérer la prise en compte de l’efficacité énergétique dans la commande publique, accélérer la rénovation de l’éclairage public, développer les solutions de mobilité durable et dégager des nouvelles ressources)

  • Améliorer l’efficacité énergétique grâce aux technologies numériques

« L’Etat soutient le développement d’une industrie de pointe sur le numérique et sur les nouvelles technologies de l’énergie, mais l’interface entre les deux domaines exige un soutien renforcé. L’efficacité énergétique permet non seulement de réduire les coûts d’énergie supportés par les ménages, les entreprises et les collectivités mais aussi de soutenir le développement économique et de créer des emplois dans un secteur caractérisé par une forte innovation technologique : domotique intelligente, compteurs communicants, solutions pour effacer les consommations d’énergie en heures de pointe, route intelligente, procédés industriels plus efficaces ».

Les modèles et outils fournis par les STIC doivent permettre de réguler la consommation d'énergie, d’améliorer l'efficience énergétique, d’assurer une gestion plus intelligente des réseaux. L’utilisation des « smart grids » permettra par exemple d’optimiser la production et la distribution et à mieux mettre en relation l’offre et la demande entre les producteurs et les consommateurs d’électricité.

Les STIC permettent également de simuler différents scénarii énergétiques et par conséquent d'optimiser l'intégration de tous les acteurs dans le système énergétique.

Les STIC rendront nos espaces réels et virtuels plus « smart »: la maison avec enfin l’arrivée de la domotique 3.0, le télétravail, la WebSphere sociale et la gestion à distance, la ville et ses bâtiments avec des capteurs et des commandes de régulation à distance, des architectures virtuelles « à la demande », des plateformes nomades à débit « sous surveillance ».

Mais ce n’est pas en remplaçant le thermomètre par un capteur que l’on empêchera la température de monter… si des actions de maîtrise, puis baisse de la consommation ne donnent pas du sens à la prise de conscience que nos addictions numériques ont un impact notable dans l’augmentation de la demande d’énergie (75 TWh/an en France = la consommation d’une ville d’1 million d’habitant).

Fulvia ALLIEVI DOROSZ, Commission DD

Green ID* (Intelligence Digitale Verte)

Nota : cet article a été écrit dans le contexte de préparatifs de la conférence environnementale (vendredi 14 et samedi 15 septembre). Comme cette conférence ne se limite pas au numérique, voici les liens sur le thème de cette conférence avec le site du ministère :

http://www.developpement-durable.gouv.fr/Delphine-Batho-prepare-la.html

http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Conference_de_l_environnement-1.pdf

http://www.gouvernement.fr/gouvernement/la-conference-environnementale-a-pied-d-oeuvre