Covid-19 : Témoignage d'Eric Gaucher, président du bureau d’études « Acoustique & conseil » et adhérent CINOV GIAC

Interview,

Eric Gaucher, président du bureau d’études « Acoustique & conseil »

Bureau d’études généraliste dans l’acoustique et les vibrations, « Acoutisque & conseil » emploie 18 salariés et 3 stagiaires.

  • eric gaucher

Quel a été l’impact du Covid 19 sur votre activité et comment envisagez-vous les semaines et les mois à venir ?

Du jour au lendemain, nous sommes tous passés en télétravail, ce qui techniquement n’a pas posé de problème, nous avions le matériel nécessaire. En termes d’activité, 90% de nos chantiers se sont arrêtés, mais les missions en phase étude ont continué. Globalement, nous connaissons une baisse d’activité de 30 à 35%, pour le moment. A plus long terme, c’est la grande inconnue, nous n’avons pas de visibilité : les gros projets qui étaient dans les cartons vont-ils être annulés ? En 2008, nous avons ressenti les effets de la crise à partir de 2009 et pour plusieurs années...

 

Quel est votre ressenti face aux décisions prises par le gouvernement ?

Sur le court terme, les mesures annoncées sont utiles pour une entreprise comme la nôtre. Nous avons tout de suite sollicité des reports de charges et de remboursement bancaire. A partir d’avril, nous passons au chômage partiel, avec pour difficulté que nous devons faire une demande collective, pour mutualiser l’effort, alors qu’on doit procéder, ensuite, à une gestion individuelle des paies. Or la situation des différents salariés varie beaucoup, certains n’ayant plus du tout de travail, contrairement à d’autres. C’est donc compliqué à gérer et nous avons dû faire un accord d’entreprise pour appliquer ce principe de solidarité.

 

Comment vous sentez-vous accompagné dans cette gestion de crise ?

Notre comptable, bien sûr, et notre avocat nous accompagnent, mais aussi la Fédération CINOV qui a été excellente à tous les niveaux, avec ses conférences Web et ses débats.

 

Avez-vous d’autres préoccupations ?

Oui, je m’inquiète de l’usage intensif que nous faisons d’Internet et des outils américains de conférences téléphoniques et de visio-conférences. Aujourd’hui, avec la généralisation du télétravail, toute l’activité tourne dans les serveurs américains alors que le Cloud Act de 2018 autorise le gouvernement américain à utiliser toute information transitant par une entreprise américaine. L’Europe, l’Etat français, via le SILL, la CNIL et l’ANSSI, nous ont alertés, mais dans le secteur du bâtiment, notamment, on n’a pas encore pris conscience des risques encourus. C’est un sujet crucial à mes yeux, dont j’aimerais que la Fédération se saisisse.