Domotique et handicap : non aux solutions standard !

  • Philippe Monmarché

Les nouvelles technologies offrent-elles des solutions au handicap dans les logements? Contribuent-elles à l’évolutivité des bâtiments ? Bien souvent la domotique est présentée comme la solution idoine pour le maintien à domicile des personnes âgées ou handicapées en offrant un gain d’autonomie et une limitation des efforts. Qu’en est-il exactement ?

Tout d’ abord, il faut différencier domotique et automatisme. La pose de volets roulants ou la pose d’un monte escalier ressemble plus à de l’automatisme qu’à de la domotique. Pour certains, la mise en place de deux ou trois solutions, telles que l’extinction des lumières de tout l’appartement en un seul geste, l’ouverture de tous les volets en même temps, reste le maximum que l’on puisse faire. Or, la domotique est bien plus évoluée que cela ! Cependant, elle doit être adaptée aux besoins des personnes et non standardisée.

L’exercice de devoir se déplacer à chaque fenêtre et manipuler la manivelle pour faire descendre son volet peut être indispensable pour le bien-être de certaines personnes. Si la domotique doit être créative et évolutive, elle doit aussi être simple et intuitive : elle doit être au service de la personne et non l’inverse.

Ces innovations technologiques ne sont pas de simples gadgets dont est parfois friand le  grand public technophile, en quête de nouveaux gadgets. Elles permettent de rompre l’isolement, d’accéder à une certaine autonomie et à un meilleur confort.

Les systèmes pour piloter à distance les équipements électriques de l’habitat tels que l’éclairage, le chauffage, les volets, l’électroménager, les ouvertures de porte, etc. vont ainsi notamment éviter des déplacements et des actes répétitifs ou difficiles, sans l’aide d’une tierce personne.

Pour contrôler son environnement sans avoir à se déplacer, l’utilisateur pourra par exemple  compter sur la multiplication des points de commande et l’utilisation d’une télécommande. Des automatismes peuvent  prendre le relais pour diminuer les tâches répétitives. Ce sera le cas par exemple de la détection de volume pour allumer l’éclairage dans les lieux où l’on se trouve sans avoir à actionner l’interrupteur, un système qui non seulement facilite l’utilisation mais garantit également  des économies d’énergie.

Cette quête d’une plus grande autonomie ne peut s’obtenir au détriment de la sécurité des personnes. L’allumage de la lumière de façon tamisée la nuit lors des déplacements pour éviter l’éblouissement ou le couplage de l’ouverture d’un ascenseur à l’éclairage d’un hall la nuit pour faciliter le déplacement sont des exemples qui garantissent en même temps confort et sécurité.

La domotique doit elle-même être intelligente et capable d’apprendre les usages afin de les reproduire automatiquement. Par exemple, une hotte aspirante s’allumera dès l’instant où la densité de fumée deviendra trop importante ou la prise en charge de la consommation  énergétique sera optimisée sans intervention humaine.

En conclusion, la domotique est un outil formidable. Cependant, elle doit s’intégrer dans le cadre de vie de la personne  au risque, sinon, de créer plus de perturbations que de confort. Elle ne doit pas être vue du simple prisme de la sécurité, mais d’un confort  d’usage pour un habitat  idéal et performant.

Philippe Monmarché, SHERP'ACCES, adhérent CINOV Construction