Comment développer l’apprentissage dans les entreprises de la branche ?

Un paradoxe se fait jour : alors que l’apprentissage pour se former aux métiers d’ingénieur se révèle plébiscité, les entreprises n’y recourent que très modérément. Les Cahiers Techniques du Bâtiment ont restitué le 17 janvier à Paris et le 30 janvier à Lille l’étude qu’ils ont réalisée sur l’apprentissage dans les bureaux d’études. Rétrospective et enseignements...


Réalisée dans le cadre d’une convention de coopération signée entre le Ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et le Fafiec, avec le concours des fonds collectés au titre de la Taxe d'Apprentissage, l’étude sur l’apprentissage dans les bureaux d’études a fait l’objet de deux restitutions, la première à la Maison des Ingénieurs le 17 janvier 2017, la seconde à Lille le 30 janvier. L’étude était à chaque fois présentée par Julien Jean-Pierre, rédacteur en chef de CTB et les résultats ont ensuite été commentés par  un représentant CINOV avant de lancer le débat avec la salle. A Paris, Martina Kost, vice-présidente de CINOV Ile-de-France et à Lille, Cyril Gernez, Président de CINOV Nord Picardie se sont prêtés au jeu.

A chaque fois, les participants ont confirmé les constats de l’étude sur l’apprentissage et ont souligné l’ampleur et l’impact négatif pour une petite structure quand un apprentissage se passe mal (il s’agit d’un contrat de travail). Pour une petite structure, s’engager dans un contrat d’apprentissage suivi, si possible, d’un contrat de travail, demande une visibilité économique et un engagement à long terme.  

Pour les jeunes et leurs encadrants de l’enseignement, le travail dans une petite structure n’est pas vu comme valorisant, les « grands noms » attirent forcément plus. Cela va de pair avec une méconnaissance des petites structures : en effet, elles attendent d’un apprenti un profil qui permet de travailler en autonomie et en transversal et de prendre aussi des responsabilités – une belle opportunité d’évolution pour un jeune !  Mais tous les jeunes ne sont pas capables de travailler dans ces conditions. Un apprentissage « raté » est particulièrement perturbant dans le choix d’orientation professionnelle d’un jeune. Il paraît donc primordial que les personnes qui orientent le jeune connaissent mieux ce contexte spécifique.  

Dans les expériences passées, l’entreprise devait même se « substituer » à l’école pour l’apprentissage théorique, pourtant censé être un acquis préalable pour le travail dans l’entreprise, ce qui représente un poids supplémentaire pour la petite structure.

Les questions fusent par ailleurs sur comment se faire accompagner pour monter le dossier, se renseigner sur les aides, choisir l’école. Les représentants du FAFIEC, présents, rappellent leur rôle dans l’accompagnement des entreprises. A ne pas en douter, un véritable chantier d’accompagnement se fait jour.

En conclusion de la discussion, nous retiendrons la nécessité de mieux valoriser auprès des enseignants et des élèves les métiers des ingénieurs conseil et des bureaux d’études, afin que le jeune ne considère plus sa candidature pour un apprentissage dans une petite structure par défaut ou par obligation, suite au refus de sa candidature par les grandes sociétés.

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